11 collégiens gardiens de la Mémoire
Le 8 mai 2026, à Groisy, Fillière (les Ollières) et à Villaz, onze élèves de notre collège ont participé activement à la cérémonie commémorative du 8 mai, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Devant les anciens combattants, les élus, les sapeurs-pompiers, les porte-drapeaux... et les habitants, nos élèves ont lu un texte poignant ( à lire ci-dessous ) et engagé sur le travail de mémoire. Comment oublier ceux qui ont tout donné pour notre liberté ? Les applaudissements ont montré à quel point leur message a résonné.
Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils participaient à une telle cérémonie. "J’ai réalisé que c’était important de se souvenir, pas juste pour les leçons d’histoire, mais pour nous, aujourd’hui", nous a confié l’un d’eux.
Un moment où chacun comprend que l’Histoire doit se transmettre pour et aussi par les jeunes générations.
Un immense merci à nos onze ambassadeurs de la mémoire, ainsi qu’à leurs enseignants pour les avoir si bien préparés.
« La mémoire est comme la terre, il faut la retourner et le travailler pour qu’elle soit fertile. » Jean Pierre Szymaniak
Texte lu :
En ce 8 mai, nous commémorons la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, en 1945.
Cette date marque la fin d'un conflit qui a fait des millions de morts et laissé des traces profondes dans l'histoire de l'humanité.
Ici, en Haute-Savoie, cette mémoire est particulièrement vivante.
Sur le plateau des Glières, des résistants se sont battus pour la liberté.
Leur mot d'ordre était : « Vivre libre ou mourir ».
Ces mots expriment leur refus de céder face à l'oppression. Tom Morel, jeune officier de 28 ans, donne au Bataillon des Glières cette devise le 20 février 1944. Ce n'était pas un mot d'ordre vide : quelques semaines plus tard, il mourait au combat pour cette cause. Après sa mort, le capitaine Maurice Anjot demande à lui succéder, en sachant ce qui l'attend. Il confie : « Mon devoir me commande de prendre ce poste. Je sais que j'engage une bataille perdue, mais il y a l'honneur, il y a le pays, il y a la France. » Il mourra lui aussi sur le plateau.
Stéphane Hessel, ancien résistant, nous appelait à l'engagement : « Le motif de base de la Résistance était l'indignation. Prenez le relais, indignez-vous ! »
Simone Veil, rescapée des camps, s'adressait directement aux jeunes générations : « Notre héritage est là, entre vos mains, dans votre réflexion et dans votre cœur, dans votre intelligence et votre sensibilité. »
Ginette Kolinka, qui témoigne encore aujourd'hui auprès des jeunes, dit : « Je pense à ceux qui n'ont pas eu ma chance, ceux qui ne sont pas revenus. Ceux qui n'ont pas pu témoigner. »
Aujourd'hui, nous pensons à toutes les victimes : les soldats, les résistants, les déportés, les civils.
Et à ceux qui ont survécu, mais vécu avec les blessures et les souvenirs.
La paix n'est jamais définitivement acquise. Les actualités nous le rappellent.
Et même dans les démocraties, les libertés peuvent être fragilisées.
Nous avons une chance immense : vivre dans un pays libre.
Mais cette chance implique une responsabilité : faire vivre la mémoire, défendre l'égalité des droits, refuser les injustices.
Le mot d'ordre des Glières, « Vivre libre ou mourir », ne nous appelle pas à combattre avec des armes. Il nous rappelle que la liberté est précieuse, et qu'elle doit être protégée chaque jour.
À notre manière, par nos paroles, nos choix et nos actions, nous pouvons continuer ce combat.
En ce 8 mai, nous rendons hommage à toutes celles et tous ceux qui ont permis la victoire de la liberté.
Et nous faisons le choix de ne pas oublier, le choix de transmettre, et le choix d'agir pour un monde plus juste, plus libre et plus pacifique